Pourquoi devient-on plus sédentaire à l'âge adulte?

Beaucoup de personnes me disent la même chose.

« Avant, je faisais du sport. Aujourd'hui, je n'arrive même plus à me motiver pour aller marcher. »

Cette phrase est souvent suivie d'un sentiment de culpabilité. Comme si le problème était un manque de volonté. Pourtant, ce n'est généralement pas ce qui se passe.

Si tu es devenu plus sédentaire après la fin de tes études, tu n'es pas seul. Et surtout, tu n'es pas paresseux.

Il existe plusieurs raisons psychologiques, sociales et environnementales qui expliquent pourquoi le mouvement disparaît peu à peu de notre quotidien. Comprendre ces mécanismes est souvent la première étape pour reconstruire une relation plus sereine avec l'activité physique.

Pendant l'école, bouger faisait partie de la routine

À l'école, l'activité physique est rarement une décision.

On marche entre les cours, on prend le vélo pour aller voir nos amis, on participe aux cours d'éducation physique, certains pratiquent un sport parascolaire... Le mouvement est partout dans notre quotidien, dans notre environnement, sans même que l’on s’en rende compte.

Puis arrive la vie adulte : on termine les études, le travail commence, l’horaire devient chargé et les responsabilités se multiplient. L’accès au sport et au mouvement est BEAUCOUP moins facile.

Soudainement, bouger devient une tâche supplémentaire à ajouter à une liste déjà trop longue. Pour ceux n’ayant jamais pratiqué d’autres sports que leur activité parascolaire, on ne sait parfois pas par où commencer. Puis il y a ceux qui n’ont jamais aimé les activités proposées à l’école, et qui ont peur de se sentir inadéquat à nouveau.

À l’âge adulte, plusieurs se basent sur la motivation pour se mettre en mouvement. Et lorsqu'une habitude dépend uniquement de la motivation… elle devient beaucoup plus fragile. Vous le savez comme moi, la motivation n’est jamais présente pour longtemps!

Notre identité change aussi

À l'adolescence, plusieurs se définissent comme :

  • sportif;

  • danseuse;

  • joueur de soccer;

  • nageuse;

  • coureur.

Le mouvement fait partie de leur identité. C’est normal : c’est souvent ce qui occupe la majorité de leur temps libre!

Puis, avec les années, cette identité évolue. On devient employé, parent, étudiant universitaire, proche aidant. entrepreneur. L'activité physique passe alors au second plan, ou même disparaît des habitudes pour certains. Pas nécessairement parce qu’elle n’est plus importante, mais parce qu’elle occupe moins de place dans le quotidien, dans notre identité, et dans nos priorités. Et plus le temps passe, plus ce changement dans notre identité s’ancre, rendant plus difficile de réintégrer le mouvement aux habitudes. D’autant plus que plusieurs voudront reprendre le sport en ayant comme attente qu’ils auront un niveau semblable à leur expérience passée… Ce qui peut amener des déceptions!

Quand l'estime de soi influence le mouvement… et que le mouvement influence aussi l'estime de soi

Notre relation avec l'activité physique est rarement uniquement physique. On ne choisi pas de pratiquer l’activité physique car on est déjà en forme ou compétent dans un sport - on le devient. Malheureusement, pour certains, leurs premières expériences avec le mouvement ne leur ont pas permis de dépasser ce premier stade d’inconfort.

Certaines personnes associent le mouvement à :

  • la pression de performance;

  • la comparaison;

  • les échecs passés;

  • les commentaires reçus sur leur corps;

  • les cours d'éducation physique où elles ne se sentaient pas à leur place.

Avec le temps, ces expériences peuvent diminuer le sentiment de compétence. Et lorsqu'on croit qu'on ne sera « jamais assez bon », il devient plus simple… de ne pas commencer. Bien que se mettre au défi peut être positif pour certains, personne n’a envie de se mettre dans une situation où l’on ne se sent jamais compétent.

Pourtant, le sentiment de compétence est l'un des moteurs les plus importants de la motivation durable. On persévère davantage lorsqu'on ressent que l'on est capable, même si les progrès sont petits. C’est pourquoi je répètes toujours qu’il est d’une importance capitale de commencer petit, progresser tranquillement, et souligner les petites victoires!

Ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression. Selon lathéorie de l'autodétermination, le sentiment de compétence, tout comme l'autonomie et le soutien social, fait partie des besoins psychologiques qui favorisent une motivation plus durable envers l'activité physique.

Pourquoi on choisit de bouger change tout

Pendant longtemps, et malheureusement encore aujourd’hui, on nous a présenté l'activité physique comme une manière de corriger notre corps.

  • Perdre du poids.

  • Brûler des calories.

  • Mériter de manger.

  • Compenser.

Ce discours laisse souvent des traces, que l’on s’en rende compte ou non.

Lorsque chaque séance d'entraînement devient un rappel que notre corps « devrait être différent », il est normal que la motivation s'effrite.

À l'inverse, lorsqu'on commence à bouger pour :

  • avoir plus d'énergie;

  • mieux dormir;

  • diminuer certaines douleurs;

  • gérer le stress;

  • retrouver du plaisir;

  • prendre soin de soi;

le mouvement cesse progressivement d'être une punition. Il devient un acte de respect envers soi-même, un outil pour se sentir mieux. C'est d'ailleurs tout le principe de l'exercice intuitif, qui consiste à bouger en fonction de ses besoins plutôt que par obligation.

Cette nuance peut transformer toute une relation avec l'activité physique. Tout cela participe à maintenir une habitude. Si on y voit le bénéfice, et que l’on récolte rapidement le fruit de notre travail, il sera plus facile de maintenir cette habitude. J’insiste sur la récolte rapide : l’être humain aime les récompenses! Le fameux objectif de vieillir en santé est un bon objectif, en théorie, mais en pratique : on ne verra le bénéfice que dans plusieurs années. L’être humain a besoin de voir un résultat plus rapidement pour persévérer. C’est pourquoi on peut mettre le focus quotidien sur la qualité du sommeil, le niveau d’énergie, la gestion des douleurs, la capacité à l’effort, etc.

Si tu te reconnais dans cette histoire…

Nos habitudes ne se construisent pas dans le vide. Elles sont influencées par notre quotidien, notre énergie, notre environnement et les expériences que nous vivons.

Si le mouvement a peu à peu disparu de ta routine, cela ne dit rien sur ta valeur ni sur ta capacité à prendre soin de toi.

C'est peut-être simplement le signe que ta réalité a changé.

La bonne nouvelle, c'est que les habitudes peuvent évoluer, elles aussi. Il ne s'agit pas de retrouver la personne que tu étais il y a dix ans, mais de découvrir une façon de bouger qui s'intègre à la vie que tu mènes aujourd'hui.

Si cet article t'a aidé à mieux comprendre pourquoi il est parfois si difficile de retrouver le mouvement, n'hésite pas à le partager avec cette personne. Parfois, comprendre ce qui se passe est le premier pas vers un changement durable.

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